La tension monte au ministère de la Défense. Le Syndicat des employés civils du ministère de la Défense (SECIMID) accuse le directeur général Venant Arnaud de vouloir contourner la représentation syndicale en instituant une Commission de suivi des doléances des employés du ministère de la Défense (CSDE/MD). Pour l’organisation syndicale, cette initiative constitue une atteinte au dialogue social et aux droits des travailleurs.

Dans une note officielle datée du 18 juin 2026, la Direction générale annonce la création de cette commission, chargée de recueillir, d’analyser et d’assurer le suivi des réclamations et suggestions des employés afin de garantir, selon le document, « un climat de travail serein, satisfaisant et constructif ».

Le SECIMID estime toutefois que cette nouvelle structure empiète sur les prérogatives d’un syndicat. L’organisation rappelle qu’elle est le représentant légitime des fonctionnaires et des agents contractuels du ministère et qu’elle est seule habilitée à défendre leurs intérêts collectifs dans le cadre du dialogue social.

« Dans une démocratie, une administration ne crée pas son propre interlocuteur social », soutient le syndicat. Selon ses responsables, la mise en place de cette commission traduit une méconnaissance du rôle des organisations syndicales. Ils considèrent qu’en assumant lui-même la gestion des revendications du personnel, le directeur général se substitue au dialogue avec les représentants élus des travailleurs.

Le SECIMID va plus loin et accuse la Direction générale de chercher à fragiliser l’unité du personnel. Le syndicat dénonce une stratégie visant à diviser les employés en mettant en place une structure parallèle destinée, selon lui, à affaiblir l’organisation syndicale.

Le SECIMID rappelle également que le directeur général Venant Arnaud a précédemment occupé des fonctions au sein du cabinet de l’ancien ministre de la Défense Jean Michel Moïse. Le syndicat estime que cette proximité avec l’ancienne administration s’inscrit dans une continuité de gouvernance qu’il critique vivement. Il appelle à une rupture avec les pratiques du passé afin de restaurer un dialogue social fondé sur le respect des organisations représentatives des travailleurs.

« Nous appelons tous les employés à ne pas tomber dans le piège de la division. Le ministère de la Défense n’est pas un marché public où les travailleurs seraient répartis selon les intérêts d’un dirigeant. Nous devons rester unis pour défendre nos droits et contribuer à bâtir un ministère au service de la sécurité des citoyennes et des citoyens », affirme le SECIMID.

L’organisation syndicale annonce qu’elle entend contester la création de cette commission par les voies juridiques et syndicales, estimant qu’elle constitue une tentative de marginalisation de la représentation des travailleurs. Elle qualifie cette initiative d’« OPA sur les intérêts des fonctionnaires » et assure qu’elle poursuivra sa mobilisation.

« Nous ne lâcherons rien. La lutte sociale pour de meilleures conditions de travail et une rémunération plus juste continue », conclut le syndicat.

À ce stade, la Direction générale du ministère de la Défense n’a pas réagi publiquement aux accusations formulées par le SECIMID.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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