Installée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la nouvelle équipe dirigeante de la Banque de la République d’Haïti hérite d’une feuille de route ambitieuse : inflation à un chiffre, stabilité financière, modernisation des paiements et développement d’un marché financier. Reste désormais à transformer ces priorités en résultats.

Le gouvernement veut remettre la Banque de la République d’Haïti (BRH) au centre de la réponse aux déséquilibres économiques. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a installé, mercredi 19 août 2026, le nouveau Conseil d’administration par intérim de la banque centrale, avec une feuille de route articulée autour de quatre priorités.

La nouvelle équipe est conduite par Ronald Gabriel, maintenu au poste de gouverneur. Guerly Leriche occupe les fonctions de gouverneur adjoint, tandis que Florient Jean Mari devient directeur général. Michèle Delerme et Edwige Jean complètent le Conseil en qualité de membres.

L’inflation en première ligne

Premier objectif assigné à la BRH : ramener l’inflation à un niveau à un chiffre. Une ambition particulièrement exigeante dans une économie confrontée à la faiblesse de la production nationale, aux perturbations des circuits d’approvisionnement et aux conséquences persistantes de l’insécurité sur l’activité.

Le gouvernement demande également à la banque centrale de consolider la stabilité financière et macroéconomique, condition indispensable au rétablissement de la confiance et à une reprise plus durable de l’investissement.

Moderniser l’infrastructure financière

La feuille de route ne se limite pas à la politique monétaire. L’exécutif souhaite accélérer la modernisation du système national de paiement, dans un contexte où la numérisation des transactions représente un enjeu croissant pour les entreprises, les banques et les ménages.

Autre chantier stratégique : faire progresser le projet de marché financier, susceptible à terme d’élargir les possibilités de financement de l’économie et de réduire la dépendance au crédit bancaire traditionnel.

Le Premier ministre a par ailleurs appelé la BRH à renforcer sa communication publique. Pour l’exécutif, une information économique plus régulière et plus lisible doit contribuer à restaurer la confiance des acteurs économiques et à améliorer la compréhension des décisions de politique monétaire.

Une feuille de route à l’épreuve du réel

Les objectifs sont désormais fixés. Leur réalisation sera plus complexe. La politique monétaire dispose d’une marge d’action limitée lorsque l’inflation est également alimentée par l’insécurité, les difficultés d’approvisionnement et la faiblesse structurelle de l’appareil productif.

Pour le nouveau Conseil de la BRH, le véritable test commencera donc au-delà de l’installation officielle : faire passer la feuille de route gouvernementale des intentions aux résultats, tout en préservant la crédibilité et l’indépendance opérationnelle de la banque centrale.

By Willy DESULMA

Willy DÉSULMA, Normalien diplômé de l’École Normale Supérieure et économiste formé à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université d’État d’Haïti, est journaliste et responsable de l’information à Alternance Média TV. Passionné par la diffusion d’une information claire et fiable, il s’engage à informer avec rigueur et professionnalisme. Expert en analyse économique et éducation, il combine savoir et expertise pour éclairer l’actualité et contribuer au débat public.

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