Par une circulaire signée le 24 juillet 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet DÉMÉRO, annonce l’ouverture officielle de sept nouveaux lycées nationaux répartis dans quatre départements. Une décision qui traduit une volonté de rapprocher l’école publique des territoires longtemps restés à l’écart, mais qui pose déjà la question des moyens de sa mise en œuvre.
L’État haïtien choisit de miser sur l’école publique là où elle fait souvent le plus défaut. À travers une circulaire officielle datée du 24 juillet 2026, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) officialise l’ouverture de sept lycées nationaux dans les départements du Sud, du Centre, du Nord-Ouest et de la Grand’Anse.
L’annonce s’inscrit dans le cadre de la réforme engagée par le ministère et s’appuie sur les textes fondateurs de l’administration éducative haïtienne. Au-delà de l’aspect administratif, le message est clair : élargir l’accès au secondaire public dans des communes où les familles sont souvent contraintes d’envoyer leurs enfants à plusieurs kilomètres pour poursuivre leur scolarité.
Sept établissements pour renforcer le maillage territorial
La circulaire concerne les établissements suivants :
- Lycée National de Despas (Sud) ;
- Lycée National de Baptiste (Centre) ;
- Lycée National de Croix-Fer (Centre) ;
- Lycée National de Mare-Savon (Nord-Ouest) ;
- Lycée National de Dos-d’Âne (Nord-Ouest) ;
- Lycée National de Poste-Metier (Nord-Ouest) ;
- Lycée National du Duquillon (Grand’Anse).
Selon le MENFP, cette mesure vise à augmenter l’offre scolaire locale et à offrir davantage d’opportunités académiques aux enfants, adolescents et jeunes vivant dans ces communes.
Une réforme qui sera jugée sur le terrain
Sur le papier, la décision constitue un signal positif pour l’école publique. Dans un contexte où l’accès à l’éducation demeure profondément inégal selon les régions, l’ouverture de nouveaux lycées représente une avancée susceptible de limiter les abandons scolaires et les déplacements coûteux imposés aux familles.
Mais comme souvent en Haïti, la réussite d’une telle initiative dépendra moins de la publication d’une circulaire que de sa traduction concrète : disponibilité des enseignants, affectation du personnel administratif, équipements pédagogiques, financement du fonctionnement des établissements et sécurisation des infrastructures.
Car un lycée ne se résume pas à un arrêté ministériel. Il vit grâce à ses salles de classe, ses professeurs, ses élèves et aux moyens que l’État accepte durablement d’y consacrer.
Le pari de Vijonet DÉMÉRO
Depuis son arrivée à la tête du MENFP, le ministre Vijonet DÉMÉRO multiplie les mesures destinées à moderniser l’administration éducative : simplification des procédures de délivrance des diplômes, numérisation de plusieurs services, amélioration de l’organisation des examens officiels et désormais extension du réseau des lycées nationaux.
Avec cette nouvelle étape, le ministère affiche une ambition : faire de l’école publique un véritable outil d’aménagement du territoire. Reste désormais à démontrer que cette volonté politique pourra résister aux contraintes budgétaires, logistiques et sécuritaires qui continuent de peser sur le système éducatif haïtien.
Pour les habitants des communes concernées, l’ouverture de ces sept lycées constitue en tout cas une attente forte : celle de voir enfin l’école publique s’installer durablement au plus près des élèves.