Sur un tarmac américain, des ressortissants haïtiens attendent leur embarquement, entravés aux chevilles et à la taille. Selon Haitian Bridge Alliance, 78 personnes sont concernées par ce nouveau vol d’expulsion à destination de Cap-Haïtien. Une opération qui intervient alors qu’Haïti reste plongé dans une profonde crise sécuritaire.
Une file d’hommes, des chaînes et un avion pour destination finale. Les images diffusées depuis les États-Unis donnent à voir, sans détour, la mécanique des expulsions : plusieurs ressortissants haïtiens avancent sur le tarmac, poignets attachés devant eux, avant d’être conduits vers l’appareil.
Le sénateur républicain Markwayne Mullin a relayé des images de l’opération sur ses réseaux sociaux avec un message lapidaire : « Bonjour, America. Destination des expulsions aujourd’hui : Haïti. »
Selon Haitian Bridge Alliance, 78 personnes doivent être renvoyées ce jeudi 3 septembre et arriver à Cap-Haïtien aux alentours de 12 h 16, heure locale.
ICE Flight Monitor, qui suit les mouvements des appareils utilisés pour les expulsions, identifie le vol comme GXA6122. L’avion serait parti d’Alexandria, en Louisiane, avec un passage par Miami, en Floride.
Il s’agirait du troisième vol de ce type depuis la fin du statut de protection temporaire (TPS) des Haïtiens, selon le décompte rapporté.
À Washington, l’expulsion relève de la politique migratoire. À l’arrivée, la réalité est tout autre : celle d’un pays confronté à l’emprise des groupes armés, aux déplacements de population et à une crise humanitaire persistante.
C’est précisément ce décalage qui alimente les inquiétudes des organisations de défense des migrants : renvoyer des personnes vers Haïti au moment où la sécurité d’une partie de la population demeure gravement compromise.
Sur le tarmac, pourtant, la politique migratoire américaine ne s’écrit ni en décrets ni en statistiques. Elle se donne à voir en une image : des hommes entravés, alignés devant un avion qui les ramène de force vers Haïti.