La Fusion des sociaux-démocrates haïtiens affirme avoir achevé l’enregistrement de 30 000 membres et sympathisants sur la plateforme du Conseil électoral provisoire. Une étape franchie sans que le parti à la rose ne retire pour autant ses réserves sur le processus électoral.

La Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (FUSION/PFSDH) peut cocher la case des 30 000. Dans une note rendue publique, la formation politique annonce avoir complété l’enregistrement de ses 30 000 membres et sympathisants sur la plateforme du Conseil électoral provisoire (CEP), conformément aux exigences du décret électoral en vigueur.

Pour atteindre ce seuil, les sociaux-démocrates disent avoir mené un important travail de mobilisation, de collecte et de traitement des données. Le parti remercie d’ailleurs ses opérateurs pour leur contribution à cette opération.

Mais derrière la satisfaction d’avoir rempli cette formalité, le message politique reste prudent.

Les 30 000 ne dissipent pas les doutes

Le parti à la Choublack prend soin de préciser que son inscription dans la procédure ne modifie en rien les réserves qu’il avait déjà formulées sur le processus électoral.

En clair, remplir les conditions imposées aux formations politiques ne signifie pas donner un blanc-seing à l’organisation du scrutin.

La question sécuritaire reste notamment au cœur des préoccupations des sociaux-démocrates. La formation rappelle que la sécurité demeure une « responsabilité essentielle » du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, particulièrement dans les territoires contrôlés par les groupes armés.

Un rappel qui renvoie à l’une des grandes contradictions de la séquence électorale : les partis peuvent préparer leurs candidatures, mobiliser leurs militants et satisfaire aux exigences administratives du CEP, mais encore faut-il que les conditions permettent de faire campagne et de voter.

Dans la course, mais sans chèque en blanc

Fusion choisit donc de rester dans le jeu électoral tout en maintenant ses critiques. Une position qui consiste à se préparer à la compétition sans considérer que les interrogations entourant son organisation sont réglées.

Fidèles à leurs valeurs revendiquées de justice, de solidarité et de démocratie, les sociaux-démocrates assurent vouloir poursuivre la construction d’une alternative politique visant à améliorer les conditions de vie de la population.

Avec ses 30 000 membres et sympathisants désormais enregistrés, le parti dirigé par l’ancienne sénatriceEdmonde Supplice Beauzil à franchit ainsi une étape importante. Mais son communiqué porte aussi un avertissement : respecter les règles administratives du processus ne suffit pas à garantir la crédibilité des élections.

À mesure que l’échéance électorale approche, la véritable bataille pourrait donc se déplacer. Après celle des inscriptions et des chiffres viendra celle, autrement plus décisive, des conditions politiques et sécuritaires dans lesquelles les Haïtiens seront appelés aux urnes.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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