Une décision radicale du ministre Mario Andrésol, sur fond de dénonciations de dysfonctionnements remontant à l’administration de l’ancien ministre Jean Michel Moïse
La décision du ministre de la Défense, Mario Andrésol, de fermer temporairement l’ensemble des directions départementales marque un tournant majeur dans la gestion de l’institution.
Officiellement, cette mesure s’inscrit dans une logique de restructuration administrative, comme l’indique une note de service datée du 15 avril 2026 . Elle vise à renforcer la capacité institutionnelle du ministère et à améliorer le fonctionnement de ses structures déconcentrées.
Mais au-delà de cette justification formelle, cette décision intervient dans un contexte marqué par des soupçons persistants de corruption et de mauvaise gestion au sein de certaines directions départementales.
Selon plusieurs sources internes et dénonciations publiques, des pratiques irrégulières auraient été observées, notamment :
- des emplois fictifs,
- une gestion opaque des ressources,
- ainsi que des irrégularités administratives répétées.
Ces accusations ne sont pas nouvelles. Elles avaient déjà été soulevées sous l’administration de l’ancien ministre de la Défense, Jean Michel Moïse, notamment par des représentants syndicaux du ministère et par l’ancien directeur général, Jean Ronel Sistanis.
Dans ce contexte, la décision de rappeler à Port-au-Prince l’ensemble des directeurs départementaux ainsi que leurs personnels apparaît comme une tentative de reprise en main totale de l’appareil administratif et de vérification interne.
Une réforme administrative sous surveillance
Si cette mesure peut être perçue comme un signal fort, elle soulève néanmoins une question centrale : ira-t-elle au-delà d’un simple réaménagement administratif ?
Car en matière de lutte contre la corruption, les décisions organisationnelles doivent s’accompagner de :
- mécanismes de contrôle rigoureux,
- audits indépendants,
- et surtout de saisines judiciaires en cas de preuves établies.
Un test de crédibilité pour le ministre
Ancien officier des Forces armées d’Haïti, Mario Andrésol joue ici une partie importante de sa crédibilité à la tête du ministère.
Sa démarche sera jugée non seulement sur sa capacité à réorganiser l’institution, mais surtout sur sa volonté d’aller jusqu’au bout des éventuelles responsabilités, si les faits de corruption sont confirmés.