Dans une note incendiaire publiée le 11 juin, plusieurs organisations de l’opposition progressiste dénoncent une alliance entre le pouvoir et les associations patronales, qu’elles accusent de préparer une prise de contrôle durable des institutions de l’État.

Port-au-Prince, 12 juin 2026 – Alternance Média

La tension politique monte d’un cran en Haïti. Dans une note officielle publiée le 11 juin, plusieurs organisations regroupées au sein des Forces politiques de l’Opposition progressiste accusent ouvertement les associations patronales d’exercer une influence déterminante sur le pouvoir en place et de chercher à contrôler le futur processus électoral.

Les signataires dénoncent notamment les félicitations adressées par certaines organisations du secteur privé à la publication du récent décret électoral. Selon eux, cette prise de position révèle l’existence d’un projet visant à « verrouiller l’avenir démocratique » du pays. Ils soutiennent également que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé gouvernerait principalement au bénéfice des intérêts d’une minorité économique influente.

L’opposition va plus loin en affirmant que le décret électoral aurait été conçu pour favoriser certains secteurs économiques dans les prochaines échéances électorales. Elle parle d’une tentative de « hold-up électoral » et accuse les élites économiques de vouloir maintenir leur emprise sur les institutions de l’État.

Dans leur déclaration, les responsables politiques appellent les acteurs du secteur privé à rompre avec ce qu’ils qualifient de pratiques de prédation et à contribuer davantage au développement économique et social du pays. Ils estiment que la sortie de crise passe par le respect de la Constitution, la réduction des inégalités et la défense de la souveraineté nationale.

Cette prise de position est portée par plusieurs organisations regroupées sous la bannière des Forces politiques de l’Opposition progressiste. Le document est signé par des représentants du Grand Bloc du Peuple, du Consensus Politique, de l’Initiative Patriotique (IP7), de l’Opposition Plurielle, de l’Accord Montana et du mouvement Debout Citoyen. Parmi les personnalités signataires figurent notamment Me Annibal Coffy, le sénateur Dieuseul Simon Desras, le député Jonas Coffy, Stevens Grégor Gabriel, Saint-Armant Delissaint, Me Jeantel Joseph, le professeur Delson Cius, Me Francisco Alcid et Me Lucmane Delile.  

Cette diversité de signatures traduit la volonté de plusieurs courants de l’opposition de présenter un front commun face au pouvoir en place et aux secteurs économiques qu’ils accusent d’influencer les orientations de la transition.  

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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