Dans une adresse à la nation, le PNDRH et ses alliés regroupés au sein du Bloc des Non-Alignés estiment que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour conduire la transition. Ils appellent à une concertation nationale et à un redressement institutionnel afin d’éviter une nouvelle crise politique et électorale en Haïti.
PORT-AU-PRINCE, 11 JUIN 2026 – ALTERNANCE MÉDIA
La tension politique monte d’un cran en Haïti.
Dans une déclaration publique particulièrement sévère, l’Accord du PNDRH et de ses alliés, réunis au sein du Bloc des Non-Alignés, estime que le pays se dirige vers une impasse politique majeure et qu’un « redressement institutionnel » s’impose sans délai.
Le regroupement politique dresse un constat accablant de la situation nationale : corruption systémique, effondrement progressif de l’État, insécurité généralisée, manque de transparence dans la gestion publique et affaiblissement continu des institutions républicaines.
« Haïti demeure plongée dans l’une des crises les plus profondes de son histoire contemporaine », affirme le document.
« Une transition arrivée à son terme »
Le principal point de friction concerne l’échéance du 7 juin 2026.
Selon les responsables du Bloc des Non-Alignés, cette date marque la fin de la période exceptionnelle évoquée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de son installation à la tête du gouvernement.
Pour les signataires, le chef du gouvernement ne disposerait plus aujourd’hui de la légitimité politique nécessaire pour continuer à diriger la transition dans les conditions actuelles.
Cette position constitue l’une des critiques les plus directes formulées jusqu’à présent contre l’équipe gouvernementale.
Sans appeler explicitement à une démission, le regroupement estime que de nouvelles dispositions politiques doivent être trouvées afin de restaurer la confiance et la crédibilité des institutions chargées de conduire le pays vers les élections.
La question électorale au cœur des inquiétudes
L’organisation des prochaines élections demeure au centre des préoccupations du Bloc des Non-Alignés.
Les dirigeants de cette plateforme considèrent qu’aucun scrutin ne pourra être crédible si les autorités qui l’organisent sont elles-mêmes contestées.
Ils dénoncent également les tensions persistantes entre l’Exécutif et le Conseil Électoral Provisoire (CEP), une situation qu’ils jugent préoccupante pour l’indépendance du processus électoral.
« Dans un État démocratique, l’administration électorale doit demeurer indépendante, impartiale et à l’abri de toute ingérence politique », rappellent-ils.
Selon eux, toute tentative de contrôle politique du CEP risque de compromettre la confiance des partis politiques et de la population dans les résultats des futures élections.
Appel à une concertation nationale
Face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la stabilité du pays, les signataires proposent la création d’une Commission nationale de concertation politique.
Cette structure aurait pour mission de réunir les différentes forces politiques ainsi que les représentants de la société civile afin de trouver un consensus sur la gouvernance du pays après l’échéance du 7 juin.
Le Bloc des Non-Alignés affirme être prêt à participer activement à cette démarche et invite les acteurs nationaux et internationaux à soutenir cette initiative.
Un avertissement au pouvoir
Au-delà des propositions formulées, le message du Bloc des Non-Alignés apparaît comme un avertissement adressé au gouvernement en place.
Les signataires estiment que les limites de l’actuelle gouvernance sont désormais visibles et que la restauration de l’autorité de l’État exige des personnalités « honnêtes, crédibles et intègres », étrangères aux pratiques qui ont contribué à l’effondrement des institutions publiques.
Alors que l’insécurité continue de s’étendre, que les défis économiques s’aggravent et que la transition peine à convaincre, cette nouvelle prise de position vient alimenter un débat de plus en plus vif sur la légitimité des autorités chargées de conduire Haïti vers un retour à l’ordre constitutionnel.