Le ministre de l’Éducation nationale, Dr Vijonet Déméro, appelle à une mobilisation générale pour garantir une rentrée scolaire sans perturbation. Face aux défis persistants du système éducatif haïtien, il invite syndicats, partenaires et cadres du MENFP à faire de l’école une priorité nationale.

À quelques semaines de la rentrée des classes, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Dr Vijonet Déméro, a choisi d’adresser un message de rassemblement plutôt que de confrontation. À l’occasion d’une rencontre d’échanges organisée le 31 juillet à l’hôtel Karibe avec les principaux acteurs du secteur éducatif, il a confirmé le maintien de la rentrée scolaire pour l’année académique 2026-2027 et appelé chacun à assumer sa part de responsabilité.

Dans un contexte où l’école haïtienne demeure fragilisée par l’insécurité, les difficultés économiques et les tensions sociales, le titulaire du MENFP a défendu une idée simple : aucun obstacle ne doit empêcher les enfants d’accéder à l’éducation.

« Rien ne doit s’opposer au fonctionnement de l’école. Tout doit être mis en œuvre pour la protéger », a insisté le ministre, présentant l’établissement scolaire comme « le sanctuaire de la République ».

Un appel à la responsabilité collective

Loin de limiter son intervention à une déclaration d’intention, Vijonet Déméro a réparti les responsabilités entre les différents acteurs du système éducatif.

Il a invité les partenaires techniques et financiers, ainsi que les autres membres du gouvernement, à maintenir et renforcer leur coopération afin de garantir les ressources nécessaires au bon déroulement de l’année scolaire.

Aux cadres du MENFP, il a demandé une présence accrue sur le terrain, une gestion exemplaire et un engagement permanent en faveur de l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Mais c’est surtout son message adressé aux organisations syndicales qui a retenu l’attention.

Une main tendue aux syndicats

Alors que les relations entre les autorités éducatives et certains syndicats ont souvent été marquées par des tensions, le ministre a choisi le registre de l’apaisement.

« Je tends une main fraternelle aux syndicats pour bâtir un dialogue social constructif au bénéfice exclusif de nos enfants », a-t-il déclaré.

En demandant aux représentants des enseignants de placer l’intérêt des élèves au-dessus de toute autre considération, le ministre cherche visiblement à ouvrir une nouvelle séquence fondée sur le dialogue plutôt que sur l’affrontement.

Le message se veut clair : les revendications professionnelles demeurent légitimes, mais elles ne doivent pas compromettre le droit fondamental des enfants à recevoir une éducation.

L’école comme priorité nationale

En conclusion de son intervention, Vijonet Déméro a lancé un appel à l’unité, invitant l’ensemble des acteurs à dépasser leurs divergences.

« Accordons nos efforts. Faisons taire nos divisions et plaçons l’avenir des enfants d’Haïti au-dessus de toute autre considération. »

Le ministre a également renouvelé le soutien de l’État aux parents, confrontés à une conjoncture particulièrement difficile à l’approche de la rentrée scolaire.

Au-delà des déclarations, cette prise de parole constitue un test politique pour le MENFP. La réussite de la rentrée 2026-2027 dépendra désormais de la capacité des autorités, des syndicats et de l’ensemble des partenaires du système éducatif à transformer cet appel au dialogue en engagements concrets. Dans un pays où l’école demeure l’un des derniers remparts contre l’effondrement social, l’enjeu dépasse largement le calendrier scolaire : il concerne l’avenir même d’une génération.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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