L’insécurité continue de s’immiscer jusque dans les plus hautes sphères de l’administration publique haïtienne. Ecclésiaste Télémaque, directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), a été enlevé dans la soirée du jeudi 23 juillet, dans les environs de Delmas, selon une source proche de la Direction générale du ministère. D’après les informations disponibles, il s’agit de la deuxième fois que ce haut fonctionnaire est victime d’un kidnapping.

Figure respectée du secteur éducatif, Ecclésiaste Télémaque s’est distingué au fil des années par son engagement en faveur du développement du système éducatif haïtien. Son enlèvement suscite une vive émotion au sein du MENFP et relance les inquiétudes sur la capacité de l’État à protéger ses propres cadres.

Cet enlèvement intervient moins d’un mois après celui de l’inspecteur général James Boyard, directeur de cabinet du ministre de la Défense, Mario Andrésol, kidnappé aux environs de Bourdon. Deux directeurs de cabinet de ministres stratégiques, victimes de ravisseurs en quelques semaines seulement : une succession d’événements qui interroge.

S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’une nouvelle stratégie des groupes criminels consistant à cibler les plus proches collaborateurs des membres du gouvernement ? Si aucune preuve ne permet à ce stade d’établir un lien entre ces deux affaires, leur proximité temporelle et le profil des victimes alimentent les interrogations sur le niveau d’exposition des hauts cadres de l’administration publique.

Au-delà du choc provoqué par ces enlèvements, cette série d’affaires met une nouvelle fois en lumière la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti, où même les plus hauts responsables de l’État ne semblent plus à l’abri des réseaux criminels.

Les autorités n’ont, pour l’heure, communiqué aucun détail officiel sur les circonstances de l’enlèvement d’Ecclésiaste Télémaque ni sur l’évolution des recherches visant à obtenir sa libération. Les regards se tournent désormais vers les forces de sécurité, appelées à apporter des réponses rapides face à une inquiétude grandissante au sein des institutions de la République.

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