L’ancien sénateur des Nippes rejette les accusations le concernant dans le rapport des experts des Nations unies publié le 6 octobre. Soutenu par son mouvement LAVI, il nie tout lien avec les gangs et met en cause les documents utilisés à son encontre. Des affirmations qui restent à vérifier.
Nenel Cassy refuse de laisser les accusations sans réponse. Mis en cause dans un rapport des experts des Nations unies sur Haïti, publié le 6 octobre 2026, l’ancien sénateur des Nippes conteste les allégations le concernant et dénonce un document qu’il qualifie de politique. Il affirme n’entretenir aucun lien avec les gangs armés et soutient qu’aucune preuve matérielle ne vient étayer les accusations.
Ce mardi 13 octobre, sa défense a aussi pris la forme d’une mobilisation politique. Lors d’une conférence de presse, Serge Pierre, secrétaire général de la structure sociopolitique LAVI, a pris la défense de l’ancien parlementaire. Plusieurs militants, adhérents et sympathisants du mouvement avaient fait le déplacement pour soutenir le dirigeant des Nippes.
Cette présence collective donne à la contestation une dimension qui dépasse la seule réponse personnelle. Pour Cassy et ses soutiens, c’est aussi la crédibilité d’un responsable politique qui se joue, dans un pays où les accusations de collusion avec les groupes armés pèsent lourdement sur la vie publique.
Un document de la DCPJ au cœur de la contestation
Nenel Cassy concentre une partie de sa défense sur un document attribué à la Direction centrale de la police judiciaire. Selon lui, cette pièce serait falsifiée et aurait été reprise par les experts onusiens. Il soutient également que son dossier a été classé sans suite après dix-sept jours de détention.
Ces déclarations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante. En l’absence des pièces judiciaires et du document contesté, elles ne permettent donc pas de conclure à une falsification ni de déterminer la portée exacte de l’issue judiciaire qu’il invoque.
L’ancien parlementaire a par ailleurs publié un livre après sa détention. Cette publication s’inscrit dans sa prise de parole publique sur cet épisode, sans constituer, à elle seule, une réponse aux éléments retenus par les experts.
Exiger des comptes, garantir la défense
Cassy appelle à une amélioration des méthodes de travail de l’Organisation des Nations unies. Il affirme préférer quitter la politique plutôt que de s’associer au banditisme. Une déclaration ferme, dont la portée demeure celle d’un engagement personnel.
L’affaire pose une exigence double. Les liens présumés entre responsables publics et groupes armés doivent pouvoir être examinés avec rigueur : les populations victimes de la violence ont droit à la vérité et à la justice. Mais les personnes mises en cause doivent également pouvoir connaître les éléments retenus contre elles, les contester et faire entendre leur défense.
Ni le poids d’une institution internationale ni la mobilisation des partisans ne sauraient dispenser de cet examen. La crédibilité des accusations comme celle des démentis dépend de faits vérifiables.
En contestant le rapport, Nenel Cassy ouvre ainsi une bataille sur les preuves et sur les méthodes. Au-delà de la conférence de presse, restent à éclaircir l’authenticité du document qu’il dénonce, le statut judiciaire de son dossier et les éléments précis sur lesquels les experts ont fondé leurs conclusions.