Le regroupement de Michel Martelly réclame un calendrier électoral actualisé et la neutralité des institutions publiques. Une exigence qui rejoint celle de la Coalition des forces républicaines et de Me André Michel, malgré leurs profondes divergences historiques. Venant d’une composante de la coalition gouvernementale, cette sortie prend la dimension d’un avertissement pour Alix Didier Fils-Aimé.

L’exigence d’impartialité dépasse désormais les rangs des adversaires du gouvernement. Dans une note de presse datée du 10 octobre 2026, DEBLOKE, le regroupement de Michel Martelly, appelle le Conseil électoral provisoire (CEP) à publier rapidement un calendrier électoral actualisé, complet et réaliste. Il demande également aux pouvoirs publics de respecter leurs obligations de neutralité et de garantir les conditions de sécurité nécessaires au scrutin.

Cette prise de position intervient après les modifications apportées au décret électoral et la prolongation, jusqu’au 31 octobre, du délai d’inscription des candidats. Le regroupement réclame des précisions sur les prochaines étapes, notamment les dates de la campagne et des scrutins.

DEBLOKE rappelle l’objectif annoncé par le gouvernement de voir un président élu entrer en fonction au plus tard le 7 février 2027. Il invite les autorités à expliquer publiquement les dispositions prévues pour respecter cette échéance. La note évoque donc précisément une prise de fonctions présidentielle à cette date, ce qui suppose l’achèvement du processus électoral en amont.

Viktwa en filigrane

C’est toutefois sur l’impartialité de l’État que le texte prend sa portée politique la plus sensible. DEBLOKE souligne que les ressources publiques doivent servir l’intérêt général, sans favoriser certains candidats ou certaines formations politiques.

Sans les nommer, cette exigence peut se lire comme une mise en cause du groupement Viktwa et de son candidat à la présidence, Wilner Joseph, fidèle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle renvoie au débat sur les garanties d’équité entre les forces engagées dans la compétition électorale et sur la place du camp gouvernemental dans ce processus.

Une convergence malgré de profonds antagonismes

Sur cette question, DEBLOKE rejoint une position centrale défendue par la Coalition des forces républicaines (CFR) et Me André Michel : l’organisation d’élections crédibles exige un État impartial, qui ne mette pas ses institutions et ses ressources au service d’un camp.

Cette convergence est d’autant plus significative que les divergences historiques entre le regroupement de Michel Martelly et la CFR sont profondes. Elle ne signifie ni alliance ni disparition de leurs antagonismes. Elle montre néanmoins qu’une même exigence peut réunir, ponctuellement, des structures longtemps opposées.

Pour la CFR, cette prise de position peut être considérée comme une victoire idéologique. Sa revendication de neutralité trouve un écho au-delà de ses propres rangs, jusque chez un regroupement appartenant à la coalition gouvernementale. Elle acquiert ainsi une portée plus large dans le débat sur les conditions du scrutin.

Un avertissement pour Fils-Aimé

La position de DEBLOKE place Alix Didier Fils-Aimé devant une difficulté politique : les demandes de garanties ne viennent plus seulement de l’opposition, mais également d’une composante de son propre camp.

Cette sortie peut être interprétée comme un signe de fragilisation de ses soutiens et le début d’une remise en cause de son leadership à la Primature. En reprenant une exigence portée par la CFR, le regroupement de Michel Martelly souligne que l’appartenance à la coalition gouvernementale ne vaut pas approbation sans réserve des conditions de préparation des élections.

Y voir le début de la fin du pouvoir de Fils-Aimé reste toutefois une hypothèse politique. DEBLOKE n’annonce ni son retrait de la coalition ni une demande de départ du Premier ministre. La portée de cet avertissement dépendra des décisions du gouvernement et des positions que le regroupement adoptera ensuite.

La sécurité, autre exigence majeure

DEBLOKE appelle enfin le gouvernement à prendre des mesures concrètes face à la persistance de l’insécurité. Il demande que la population soit protégée et que soient réunies les conditions nécessaires à des élections crédibles, libres et sécurisées.

Le regroupement affirme poursuivre la préparation de ses candidatures et réitère sa volonté de contribuer à des scrutins transparents, équitables et accessibles, dans le respect de la volonté populaire.

Calendrier, impartialité, sécurité : ces trois demandes engagent directement la responsabilité des autorités électorales et gouvernementales. En les formulant publiquement, DEBLOKE donne un nouvel écho aux critiques de la CFR et adresse au Premier ministre un avertissement venu de l’intérieur de sa coalition.

Alternance Média — Service politique

By Jeamson LIZINCE

Jeameson LIZINCE est expert en gestion de projet, diplômé en gestion des ressources humaines, étudiant en science politique à IERAH ( Université d' État d 'HaÏti ) et journaliste politique d' ALTERNANCE MÉDIA

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