La République dominicaine poursuit à un rythme soutenu sa politique de reconduite des migrants haïtiens en situation irrégulière. Selon les données publiées par la Direction générale des migrations (DGM), 196 321 ressortissants haïtiens ont été expulsés au cours du premier semestre 2026, illustrant le durcissement assumé de la politique migratoire de Saint-Domingue.
Plus de 34 000 expulsions au mois de juin
Pour le seul mois de juin, les autorités dominicaines indiquent avoir procédé à l’expulsion de 34 226 ressortissants haïtiens. Ce chiffre confirme la poursuite des opérations de contrôle menées sur l’ensemble du territoire dominicain, dans un contexte où les autorités affirment vouloir lutter contre l’immigration irrégulière tout en renforçant la sécurité aux frontières.
D’après les informations relayées par le média Dominican Today, ces nouvelles expulsions portent à 196 321 le nombre total de rapatriements enregistrés entre janvier et juin 2026.
Une politique intensifiée depuis octobre 2024
Depuis la nomination du vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester à la tête de la Direction générale des migrations, le 1er octobre 2024, les autorités dominicaines revendiquent un total de 670 500 migrants haïtiens reconduits vers Haïti.
La DGM précise que ces opérations sont réalisées avec l’appui des forces armées, de la police et de plusieurs agences de sécurité de l’État. Elles s’inscrivent dans la stratégie migratoire mise en œuvre par le gouvernement dominicain afin de limiter les flux migratoires en provenance d’Haïti.
Des opérations quotidiennes
Le 30 juin, la DGM affirme avoir interpellé 980 étrangers en situation irrégulière avant de procéder à l’expulsion de 1 041 personnes à l’issue d’opérations conduites dans plusieurs provinces, notamment dans le Grand Saint-Domingue, à Santiago, Pedernales, Elías Piña et Dajabón.
Ces interventions sont désormais quasi quotidiennes et mobilisent d’importants moyens logistiques et sécuritaires.
Le prolongement d’un plan lancé en 2024
Le durcissement actuel trouve son origine dans le plan annoncé par les autorités dominicaines en octobre 2024. L’objectif affiché était alors de rapatrier jusqu’à 10 000 ressortissants haïtiens par semaine, afin de reprendre le contrôle des mouvements migratoires irréguliers à la frontière.
Cette stratégie s’est progressivement traduite par une augmentation des contrôles, des arrestations et des expulsions, faisant de la question migratoire l’un des principaux dossiers de la politique intérieure dominicaine.
Les autorités invoquent le respect des droits humains
Face aux critiques formulées par plusieurs organisations de défense des droits humains, la Direction générale des migrations affirme poursuivre sa coopération avec les organismes internationaux afin de garantir que les procédures d’interpellation et de rapatriement soient conduites dans le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes concernées.
Malgré ces assurances, les opérations d’expulsion continuent d’alimenter le débat entre impératifs de souveraineté migratoire, préoccupations sécuritaires et respect des droits des migrants, alors que la crise multidimensionnelle en Haïti demeure l’un des principaux facteurs des mouvements de population vers la République dominicaine.